Bien que considéré comme une démocratie stable en Afrique de l’Ouest, le Sénégal demeure vulnérable aux manipulations de l’information venues de l’étranger. C’est ce que révèle le rapport d’AfricTivistes, réalisé en partenariat avec International IDEA.

Le document identifie trois grands types de faiblesses. Sur le plan technologique, l’absence de régulation des plateformes numériques favorise l’exploitation des données personnelles et la diffusion de fausses informations, notamment pendant les élections. Sur le plan médiatique, la dépendance économique des médias les rend sensibles aux influences étrangères, accentuant la polarisation de l’opinion. Enfin, sur le plan institutionnel, le cadre juridique reste insuffisant pour encadrer la publicité politique et la circulation de contenus sponsorisés en ligne.
Le rapport met en cause plusieurs acteurs internationaux, parmi lesquels Archimedes Group d’Israël, StateCraft Inc. du Nigeria, Spallian de France, Kirjas Global des États-Unis, ainsi que des relais russes et chinois comme RT, Sputnik ou Xinhua. Ces acteurs exploiteraient les fragilités locales à travers des campagnes de désinformation, du microciblage électoral et des stratégies d’influence.
Ces pratiques font peser de sérieux risques sur la souveraineté numérique, la stabilité démocratique et la cohésion sociale du pays, particulièrement en période électorale. Elles sapent la confiance des citoyens dans les institutions et alimentent la division politique.
AfricTivistes recommande de renforcer la régulation des contenus politiques, d’assurer l’indépendance économique des médias et de développer l’éducation aux médias pour la société civile. L’organisation appelle à une mobilisation concertée de l’État, des journalistes et des citoyens pour protéger l’espace informationnel sénégalais face aux ingérences étrangères.
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