Les 6 et 7 juin 2026 s’est tenu, à la Maison de la Presse d’Abidjan (MPA), le 12ᵉ Congrès électif de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) autour du thème : « Rassemblement et Reconstruction ».

Cette importante rencontre de la famille de la presse ivoirienne, qui s’inscrit dans un contexte marqué par de nombreux défis liés à la nécessité de renforcer la cohésion au sein de la corporation, a réuni des membres du gouvernement, des personnalités du monde des médias, de la communication, des institutions partenaires et surtout des journalistes professionnels venus des différentes régions de Côte d’Ivoire, qui ont massivement effectué le déplacement, témoignant ainsi de leur fort attachement à leur institution et de leur volonté de contribuer activement aux réflexions sur l’avenir de la profession. 

Le ministre de la Communication et de l’Économie numérique, porte-parole du Gouvernement, Amadou Coulibaly, empêché, s’est fait représenter par son collègue, Jean-Louis Moulod, ministre délégué auprès du ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, Chargé de la formation professionnelle.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs allocutions mettant l’accent sur la nécessité de renforcer la cohésion au sein de la corporation, de restaurer la confiance entre les acteurs du secteur et de redynamiser l’Union afin de mieux relever les défis auxquels est confrontée la presse ivoirienne. Les intervenants ont insisté sur l’importance de l’unité, de la solidarité professionnelle et de la défense des intérêts matériels et moraux des journalistes.

Au cours des travaux, les congressistes ont déploré, avec regret, l’absence remarquée des responsables des équipes dirigeantes sortantes. En effet, ni l’ancien président du Conseil Exécutif, Jean-Claude Coulibaly, ni le président sortant du Conseil d’Administration, Bertin N’Guessan, n’ont effectué le déplacement pour prendre part à cette importante rencontre statutaire, pourtant considérée comme l’un des rendez-vous les plus importants de la vie de l’organisation.

Cette absence a été perçue par de nombreux participants comme une occasion manquée de procéder à l’évaluation complète et contradictoire de la mandature écoulée. Les participants espéraient en effet entendre les dirigeants sortants présenter les bilans de leurs gestions, exposer les actions entreprises en faveur du renforcement de la profession, faire le point sur les projets réalisés ainsi que sur les résultats obtenus au cours de leurs mandats. Ils souhaitaient également être éclairés sur les difficultés auxquelles les deux équipes sortantes ont pu être confrontée, ainsi que sur les raisons ayant éventuellement freiné la mise en œuvre de certaines initiatives. En l’absence de ces responsables, l’exercice de reddition des comptes, pourtant attendu par l’ensemble des membres, n’a donc pu avoir lieu. 

Au fil des échanges, de nombreuses voix se sont élevées pour exprimer leur incompréhension face à cette situation jugée inédite dans l’histoire de l’organisation. Pour de nombreux membres du Congrès, cette absence simultanée des deux principales figures de la gouvernance sortante a laissé subsister plusieurs interrogations auxquelles aucune réponse officielle n’a pu être apportée au cours des travaux. Plusieurs confrères ont estimé que les anciens dirigeants avaient le devoir moral et institutionnel de venir rendre compte de leurs gestions devant les membres de l’Union, conformément aux usages et aux principes démocratiques qui régissent la vie associative.

Cette situation a suscité une vive réaction au sein de l’assemblée. De nombreux participants ont exprimé leur incompréhension et leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une faute grave voire un manquement à une tradition de transparence et de responsabilité vis-à-vis des membres de l’organisation. Les débats s’étant intensifiés, plusieurs intervenants ont dénoncé l’impossibilité d’évaluer objectivement les performances, les acquis, les insuffisances et les perspectives laissées par la mandature sortante. 

Face à la montée des tensions et dans le souci de préserver un climat de sérénité propice à la poursuite des travaux, le président du Congrès ainsi que celui du Comité d’Organisation, responsables de la conduite du Congrès, ont appelé les congressistes au calme et à la retenue, tout en prenant acte de toutes les préoccupations exprimées. Ils ont invité l’assemblée à poursuivre les travaux dans un esprit de responsabilité et d’unité, afin de permettre au Congrès d’atteindre ses objectifs et de garantir la continuité du fonctionnement de l’organisation.

Les participants ont également formulé des recommandations visant à renforcer l’efficacité de l’UNJCI. Parmi les principales résolutions figurent le toilettage des textes de l’Union pour les adapter aux réalités et exigences du moment.

Le point culminant du congrès a été l’élection des nouveaux dirigeants de l’organisation. À l’issue des scrutins organisés concomitamment dans le strict respect des dispositions statutaires et réglementaires de l’UNJCI, et dont le taux de participation, très élevé, est de 72,49 %, Etienne Atta, Journaliste à L’Héritage, a été élu président du Conseil d’Administration de l’Union avec 59,56 % des voix, tandis que son Challenger, Tche Bi Tche, en a recueilli 38,97 %.

En ce qui concerne le Conseil Exécutif de la faîtière, deux candidats étaient également en lice : d’une part Marie-Laure NGoran, Présentatrice du Journal Télévisé de 20 heures sur RTI1, conduisant la liste « Nouvelle Vision – MLN », et d’autre part Stéphane Bahi, Directeur de publication de l’Éléphant déchaîné, représentant la liste « Ensemble pour une Union forte et solidaire ». Ainsi, Marie-Laure NGoran a été élue présidente de l’organisation avec une nette majorité, recueillant 59,90 % des voix contre 39,46 % obtenues par son challenger. 

Cette victoire écrasante lui confère un mandat clair pour conduire, pour les trois prochaines années, les destinées de l’UNJCI et traduit la confiance largement accordée par les congressistes à la candidate ainsi que leur adhésion à la vision et aux réformes qu’elle a annoncées en vue du repositionnement et du renforcement de l’institution.

Son élection traduit aussi la volonté des journalistes d’ouvrir une nouvelle étape pour leur faîtière et marque également une étape importante dans l’histoire de l’organisation. Car les membres ayant choisi de confier la présidence de l’UNJCI à une femme, Marie-Laure NGoran entre dans l’histoire en devenant la première femme à prendre les rênes de cette organisation professionnelle depuis sa création le 6 novembre 1991 à Yamoussoukro.

Dotée de grandes qualités humaines et professionnelles, la nouvelle présidente de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire est une figure respectée et bien connue du paysage médiatique ivoirien. Son parcours, son expérience ainsi que sa parfaite connaissance du fonctionnement de l’UNJCI constituent des atouts majeurs pour la réussite de son mandat. En effet, ayant déjà occupé les fonctions de vice-présidente de cette Union, elle maîtrise les réalités, les défis et les enjeux auxquels l’organisation est confrontée.

Reconnue comme une femme de contact, capable de fédérer les énergies et de mobiliser des ressources au profit de l’Union, Marie-Laure NGoran est également appréciée pour son sens de l’écoute, son accessibilité et son attachement au dialogue. Femme de cœur, proche de ses consœurs et confrères, elle est porteuse d’une vision moderne et ambitieuse pour l’UNJCI, et nourrit la volonté de repositionner durablement l’organisation afin de lui redonner toute son influence et son rayonnement. À travers son projet de gouvernance, elle entend insuffler une nouvelle dynamique fondée sur la transparence, la responsabilité et l’efficacité ; et désire gouverner autrement en contribuant à la valorisation de la profession journalistique en Côte d’Ivoire, plaçant la vertu, l’éthique et l’intérêt collectif au cœur de chacune de ses actions.

Dans son discours de victoire, la nouvelle présidente de l’UNJCI a exprimé sa gratitude à Dieu et à l’ensemble des congressistes pour la confiance placée en sa personne. Elle a lancé un appel à l’unité de la corporation, au dépassement des divergences et à la mobilisation de toutes les compétences afin de bâtir une organisation plus forte, plus crédible et davantage au service de ses membres.

Les travaux du 12ᵉ Congrès électif de l’UNJCI se sont achevés dans une atmosphère fraternelle et porteuse d’espoir, en présence du ministre de la Communication et de l’Économie numérique, porte-parole du Gouvernement, Amadou Coulibaly. Dans son intervention, le ministre est revenu sur l’absence remarquée des responsables sortants de l’organisation, soulignant l’importance du devoir de redevabilité dans la gestion des institutions professionnelles.

À cet effet, il a demandé aux congressistes à fixer dans les meilleurs délais une date pour la tenue d’un Congrès extraordinaire consacré, d’une part, à la révision et à l’actualisation des textes de l’Union et, d’autre part, à la présentation des bilans moraux et financiers des dirigeants sortants de l’organisation des journalistes. Insistant sur la nécessité de garantir la transparence et la bonne gouvernance, le ministre Amadou Coulibaly a rappelé que les ressources gérées par l’UNJCI proviennent en partie de fonds publics, faisant de cette exigence de réédition des comptes un impératif auquel il a accordé une importance toute particulière.

Nanan Prao

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